Faut-il souffrir pour réussir ?

Faut-il souffrir pour réussir ?

 

Si tu as tendance à chercher des conseils sur la façon de réussir dans ton entreprise, tu dois certainement avoir l’habitude que l’on t’invite à te dépasser, à sortir de ta zone de confort, et par ricochet à t’habituer à une forme de souffrance dans tes actions pour parvenir à tes fins. Pour autant, faut-il obligatoirement souffrir pour réussir ?

Faut-il souffrir pour réussir ?

Il y a quelques temps, au fil de mes pérégrinations sur Facebook, je tombais sur une publication qui posait la question des domaines pour lesquels il était utile de passer par la case souffrance.

Ma première réaction a été la consternation. Tout simplement parce que je suis de celles qui estiment que rien ne mérite qu’on souffre dans la vie. Je crois qu’à l’heure actuelle, la seule chose pour laquelle j’accepterais de souffrir c’est pour donner la vie une seconde fois (Je désespère pas de faire un petit deuxième…)

Et puis j’ai décidé de passer outre ma première impression et de suivre le fil pour prendre connaissance de ce que pouvait être pour d’autres une souffrance utile dans la vie.

J’ai été soulagée de constater que la réponse la plus plébiscitée au sujet des choses pour lesquelles il est utile de souffrir était : « Rien ». En d’autres termes, nombre de gens sont convaincus comme moi que la souffrance est à proscrire de son quotidien dans la mesure du possible ! Ouf !

La seconde réponse la plus répandue à la question des choses pour lesquelles il est utile de souffrir m’a laissée un peu plus perplexe. Il s’agissait de dire que la souffrance était utile pour réussir, atteindre ses rêves, ses objectifs. Et c’est justement ce qui m’a amené à ma réflexion du jour. Faut-il vraiment souffrir pour réussir ?

Mais pour commencer, c’est quoi la souffrance ?

Si on en croit notre ami Larousse, la souffrance est un état prolongé de douleur physique ou morale.

Partant de ce constat, il est utile de bien différencier deux choses avant d’essayer de comprendre s’il faut souffrir pour réussir. Il faut faire le distingo entre la souffrance chronique (prolongée donc), qui implique un malaise au quotidien, et la souffrance ponctuelle, qui correspond à un inconfort éphémère.

Pour être plus claire, je crois qu’il est important de différencier la souffrance issue d’une action avec laquelle tu n’es radicalement pas en accord, et celle relative à des choses peu agréables mais plus tolérables.

Parce que la vraie souffrance dans le sens littéral du terme, c’est celle là même que j’ai d’emblée rejetée quand j’ai lu cette fameuse publication Facebook. Pour moi il est inconcevable de s’infliger une vraie souffrance sur la durée. Pour le reste, il existe tout un monde de nuances entre ce qui est acceptable ou non, et ce n’est pas si simple d’avoir d’emblée un avis tranché sur la question.

C’est d’autant plus compliqué sur nous vivons dans un monde qui invite toujours plus au dépassement de soi. Il est assez répandu de penser que le succès passe par la souffrance. Ne dit-on pas qu’il faut souffrir pour être belle ? Que la réussite demande des sacrifices ? Qu’il faut travailler dur pour mériter quoi que ce soit ? « No pain, no gain » en somme…

Et pourtant n’y a-t-il pas de moyen de se préserver de la souffrance dans nos actions, sans pour autant suivre la voie de l’échec ?

 

Faire de sa souffrance un moteur

Une de mes forces de caractère, c’est mon optimisme. Évidemment, je ne vis pas dans un monde de Bisounours, pour autant, je reste convaincue que chaque frein qui s’invite dans ma vie peut mener vers une occasion de repartir de plus belle.

Finalement, ma souffrance, qu’elle soit passée ou présente, est un incroyable moteur. Quoi de plus motivant pour cheminer dans le bon sens que le désir de se sortir de la souffrance ?

Quand j’ai un coup de mou vis-à-vis de mon entreprise, je pense à mon ancien boulot, à mes anciens collègues, j’imagine ce qu’ils sont en train de faire, je repense à nos discussions désabusées sur le manque de considération, sur nos envies d’évasion… Et je suis instantanément reboostée !

Très vite, dans mes moments de doute, dans mes découragements passagers, j’ai compris qu’il était bien plus remotivant pour moi de me rappeler que j’ai fui mes souffrances salariales, plutôt de de visualiser que je suis sur le chemin d’une certaine sérénité entrepreneuriale…
Oui dit comme ça, c’est loin d’être la réflexion logique qu’on attendrait d’une personne optimiste, mais peut importe parce que ça marche !

Cette prise de conscience, je l’ai eue il y a quelques années en participant au Surf Challenge de Gaëlle Baldassari. Un des exercices pour s’initier à l’auto-motivation était de se demander si nous avions tendance à être “attiré par” ou “repoussé par”. Et c’est un excellent exercice à réaliser si tu cherches à te motiver par la visualisation dans un de tes objectifs de vie.

Disons que tu cherches une image motivante pour illustrer le fait que tu veuilles gagner de l’argent. Te sens-tu « attiré.e par l’argent » ? Dans ce cas, visualiser mentalement l’oncle Picsou qui plonge dans son coffre bien rempli sera motivante pour toi par exemple. Te sens tu « repoussé.e par le manque d’argent » dans ce cas te remémorer la souffrance ressentie quand tes fins de mois étaient difficiles sera plus motivant.

 

Concrètement, faut-il souffrir pour réussir dans sa vie professionnelle ?

S’il y avait une recette miracle à la réussite, ça se saurait. Pour moi, la bonne question n’est donc pas tellement de savoir s’il faut souffrir ou non pour réussir, mais plutôt d’identifier quel est le seuil de souffrance que tu tolères dans ton cheminement vers la réussite.

Tu veux devenir un.e entrepreneur.e à six chiffre dans les six prochains mois en partant de zéro ?  Es-tu prêt.e à travailler soixante heures par semaine, à sacrifier ton temps libre, tes heures de sommeil, et le temps passé avec tes proches ? C’est pas dit ! Et pourtant tu te vois déjà dans un pays exotique, à siroter des cocktails sur une plage de sable blanc dans ta nouvelle vie de « digital nomad ».

Le décalage est parfois immense entre ce que nous voulons atteindre et la souffrance que nous acceptons d’endurer pour y arriver. La solution pour y remédier ? Réfléchis à ce que tu souhaites mettre en œuvre avant de définir ton objectif. Pas l’inverse. Ça t’évitera pas mal de souffrance et de frustration.

J’ai décidé de travailler seulement 4 jours par semaine. J’ai décidé de ne jamais bosser le soir. J’ai décidé d’être slow sur les réseaux sociaux. J’ai décidé de vendre éthiquement et sincèrement, sans passer par des campagnes de publicité outrageuses, ou d’adopter des discours marketing douteux… Tout ça, c’est ma façon à moi de ne pas souffrir dans le développement de mon entreprise. Mais ça implique un développement lent de mes activités, ou en tout cas plus lent en théorie que pour une personne qui y consacrerait tout son temps et son énergie. Est-ce que ça me frustre ? Pas tellement ! Parce que j’en étais consciente depuis les premières réflexions autour de ma création d’entreprise.

 

Souffrir pour réussir, c’est plus fréquent quand on détermine son fonctionnement en fonction de l’objectif final, sans réfléchir à ce qu’on accepte d’endurer pour y parvenir

On a tous en tête notre « happy end » personnel. Si tu veux tout savoir, je visualise la mienne dans une petite maisonnette en bord de plage, sur une côte reculée au charme sauvage. Je prendrais mon petit déjeuner sur ma terrasse ensoleillée chaque matin, en jetant un œil attendri et motivé sur mon planning du jour qui serait fait d’entrevues inspirantes avec mes clients chéris, et de créneaux dédiés à mon épanouissement personnel et à mes proches.

Au final quand je visualise cet objectif final, je ne me demande pas si je vais y arriver, mais plutôt quand. Et pour cheminer sans souffrance, j’ai choisi de prendre mon temps. Je ne dis pas que c’est la meilleure façon de faire, c’est la mienne tout simplement. A vrai dire, je suis d’ailleurs plutôt admirative des gens qui ont la niaque et l’énergie de faire décoller leurs affaires en très peu de temps. Mais je suis aussi consciente de tous les efforts et les sacrifices que cela implique. Je sais aussi que ce chemin n’est pas le mien.

L’entrepreneuriat, c’est un peu comme une course, il y a les sprinters qui sont prêts à tout donner sur un laps de temps très court, et les marathoniens qui préfèrent miser sur leur endurance. Je fais assurément partie de la deuxième catégorie, et vouloir faire de ma vie professionnelle un sprint ne pourrait que me faire souffrir. J’en suis pleinement consciente et ça me va.

Au final, dans la course vers la réussite, la victoire est à la portée de tous, les lièvres comme les tortues. Souffrir pour réussir n’est pas une fatalité, c’est un choix. Tu es libre de doser cette souffrance, de l’accepter temporairement pour atteindre ton but au plus vite, de l’accepter occasionnellement quand il s’agit de sortir de ta zone de confort, ou de ne pas l’accepter du tout.

Il n’y a pas de règle absolue qui mène au succès, de la même façon qu’il n’y a pas de souffrance universelle. Mon seuil de tolérance à la souffrance n’est pas le même que le tien. Les actions qui me font souffrir sont différentes des tiennes. Il n’y a pas de chemin tout tracé vers la réussite, ni de passages obligés. Ça se saurait !

 
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